Ostéopathie Structurelle et Respiratoire – Fasciathérapie

(Torticolis, sciatiques, dorsalgies, lumbagos, entorses, etc)

Interview

Bernard Tisné, Ostéopathe D.O et Rebouteux à Horgues (Hautes Pyrénées) et Soumoulou (Pyrénées Atlantiques), spécialiste des Manipulations Vertébrales ou Structurelles et du Reboutement Occidental, ainsi que des Thérapies Manuelles Asiatiques ( Tuina, Chi Nei Tsang, Shiatsu, etc…) acquises au cours de nombreux voyages en Asie et à travers le monde.

13, impasse des Glycines – 65310 Horgues (4 km de Tarbes, dans les Hautes Pyrénées) – Tel: 06 80 30 08 80

( En activité depuis 37 ans )

Une autre conception de l’Ostéopathie.

(Dialogue avec un patient après une consultation.)

Bonjour Bernard. Peux-tu nous expliquer qui tu es ?

Je suis Ostéopathe D.O exclusif depuis 37 ans. J’ai suivi un cursus classique et je me suis enrichi de plein de techniques à travers le monde.

En quoi consiste ta méthode ou tes principes qui te différencient de la pratique commune ?

Si tu veux la vie est un chemin. Tu marches et à un moment donné, tu as un serpent. Ce serpent te fait peur et tu te bloques. Si le serpent n’était que rêve ou s’en va sans te piquer, la majorité des gens vont continuer leur route et se décrisper naturellement, parce qu’ils ne se sont pas trop contractés.

Tu as d’autres personne qui vont avoir très peur et vont se figer complètement. Ils vont garder cette contraction même quand le serpent sera parti et c’est la porte ouverte à toutes les maladies ou désordres de l’organisme par stagnation de tous les liquides et tissus du corps.

Es ce que tu pourrais détailler cela un peu plus profondément ?

Quand quelqu’un prend un choc un émotionnel ou a une grande peur, il se resserre sur lui-même, et tous les tissus se contractent. Tous les systèmes de l’organisme se mettent au ralenti.

Cela va entrainer des problèmes de dos, des douleurs dorsales mais en tant qu’ostéopathe, je me suis rendu compte que 90% des problèmes de dos venaient des problèmes émotionnels. Après dans les 10% qui restent, il y en a qui se blessent au sport, qui tombent, ont un accident de voiture etc.

Quand j’ai commencé il y a 37 ans, c’était plutôt l’inverse. Il y avait 10% d’émotionnel et 90% de blessures physiques et j’ai vu petit à petit la courbe s’inverser.

Mais quel est le rapport ou le lien qu’il y a entre l’émotionnel et les problèmes de dos ?

Quand les gens ne vont pas bien, ils se raidissent et la corde casse à l’endroit le plus faible. Tu as quelqu’un qui va faire le même geste tous les jours et tout se passe très bien et puis un jour il va s’accrocher avec son voisin, sa femme va le quitter, il va apprendre le décès d’un proche, il va être contrarié etc., Il va se replier sur lui-même.

Ce geste banal qui d’habitude passe très bien va faire une contraction. Alors la tendance actuelle va être de dire, il va falloir débloquer ce geste.

Donc tu veux dire que tu as une approche différente dans ta pratique quotidienne ?

Oui, car la tendance commune va être de dire, cette personne est bloquée et je vais la débloquer en appliquant une technique classique qu’elle soit Ostéopathique, Chiropratique, ou des massages ou tout autres techniques manuelles et c’est ce que je faisais avant mais ça ne m’intéresse plus.

Car en réalité toutes les contractions ne sont que le reflet d’une contraction émotionnelle. Le corps est le reflet de l’esprit. Ce qui est visible est le reflet de ce qui est invisible.

Plutôt que d’avoir une approche classique structurelle sur le muscle ou manipulative sur les tissus, il y a pleins d’autres techniques. Il faut ouvrir d’autres portes….

De par ma vie je les ai toutes étudiés. J’ai fait le tour du monde, je suis allé en Inde, je suis allé en Japon, en Chine. En Chine j’y suis allé bien avant qu’elle s’ouvre, j’ai dû payer un interprète pour m’amener dans les campagnes pour aller voir les gens qui faisaient le Tuina, (c’est l’Ostéopathie Chinoise). Je suis allé en Amérique du Sud, je suis allé voir un peu partout ce qui se passait et je me suis rendu compte qu’en Ostéopathie on n’avait pas la panacée.

Il y a beaucoup de gens qui ont aussi des techniques intéressantes alors j’ai essayé de faire une synthèse de tout ce que j’ai vu et je l’ai ajouté à ma pratique.

Là où je me différencie de l’Ostéopathie c’est que pour moi l’avant est aussi important que l’arrière.

Quand quelqu’un me dit j’ai mal au dos, on va s’intéressera à son dos. C’est tout ce qui parait le plus logique.

Mais quand quelqu’un prend un choc émotionnel, c’est le cœur émotionnel qui est touché. Il se replie sur lui-même en resserrant les épaules et en s’affaissant vers l’avant.

C’est une forme de protection. Il se met instinctivement en boule et tous les tissus vont se contracter devant. En règle générale, c’est le cœur émotionnel qui est touché.

Derrière ce n’est qu’une conséquence, si tu relâches devant, tu relâches obligatoirement l’arrière. L’arrière n’est qu’une ampoule. Si tu coupes le disjoncteur devant tu éteindras automatiquement l’ampoule.

Tu veux dire que rien qu’en agissant sur le devant du corps, tu peux enlever les contractions du dos même sans le toucher ?

Bien sûr mais l’idéal est d’agir sur la cause et les effets donc les deux parties.

Pour moi je divise le corps en deux, comme le principe des Chinois avec le Yin et le Yang.

Prend une personne debout. S’il y trop de contractions vers l’avant il y a un déséquilibre. Ça va tirer vers l’avant et entrainer la tête et les yeux vers le bas.

Personne ne regarde vers en bas, alors que va faire une personne dans cette situation ? elle va redresser sa tête pour avoir un regard horizontal et cela va lui compresser les cervicales en arrière en les ramenant l’une sur l’autre et engendrer des frottements de vertèbres quand elle tournera la tête en rotation dans un sens ou dans l’autre avec toutes les conséquences inflammatoires dues aux frottements répétitifs que cela va engendrer. C’est obligatoire.

Donc tu peux t’intéresser à relâcher les cervicales et les dorsales c’est très bien. Mais le plus important c’est de relâcher l’avant pour que la personne se redresse et reprenne sa position naturelle.  

Es ce qu’il y a d’autres conséquences sur le corps autres que les problèmes de dos ?

Bien sûr. A moment donné le grand problème que l’on a, c’est que tous ces chocs émotionnels font que les gens vu la contraction permanente des muscles dorsaux et de la cage thoracique arrivent à bout de souffle car ils sont comprimés dans un cerceau. C’est comme un filet, tout se resserre.

Ils ne respirent plus, donc la première des conséquences de tous ces chocs, de tous ces replies sur eux-mêmes, c’est que la cage thoracique ne fonctionne plus.

La Vie, c’est un flux et un reflux. La marée elle monte et descend. Le cœur s’ouvre et se ferme. Les poumons s’ouvrent et se ferment mais face à tous ces chocs émotionnels répétitifs, le mouvement naturel ne se fait plus.

Les poumons sont resserrés car les tissus se sont resserrés et la personne ne respire plus et là on arrive dans un état d’inhibition.

Pourrais-tu me donner un exemple concret sur l’arrêt du mouvement naturel ?

Ici on est dans les Pyrénées, on a l’eau qui tombe de la montagne, elle fait de la neige. Cette neige fond avec la hausse des températures en se transformant en eau créant une rivière qui va se jeter à la mer.  

Tout va bien dans le meilleur des mondes mais un jour, une tempête ou un orage violent arrive.  

Il y a un tronc qui va tomber dans la rivière et l’eau va stagner car le courant est stoppé ou diminué par ce barrage. L’eau va stagner et s’il fait beau, avec la chaleur des bactéries vont se développer et de la vase va se former puisqu’il n’y a plus de mouvements.

On peut toujours essayer d’améliorer en reprenant l’exemple du corps avec la contraction qui correspond à cette eau qui stagne en remuant la mare qui s’est faite mais la chose principale à faire c’est de pousser le tronc d’arbre et les roches qui sont tombés pour que le courant reparte.

Plutôt que de m’intéresser à un point particulier (une douleur particulière dans un point du dos), j’essaye de relancer l’organisme, de relancer le mouvement respiratoire car tous ces chocs répétitifs ont créé une perturbation dans ce mouvement respiratoire.

Je pense qu’en relâchant et en relançant le mouvement respiratoire, on peut se libérer de toutes les contraintes.

Tu peux développer un peu plus ?

Tu reçois un choc émotionnel, tu vas avoir une contraction obligatoire sur la cage thoracique comme expliqué précédemment. Tout le corps va se replier sur lui-même.

Ce que je cherche à faire c’est de créer une vague pour relancer le mouvement et enlever ce tronc d’arbre. Cette vague va relancer ce mouvement et déplier tous les tissus. Le tout c’est de remettre tout en mouvement.

Le fondateur de l’ostéopathie parlait de la règle de l’artère. En réalité, c’est une question de mouvement.  C’est le mouvement sanguin, le mouvement circulatoire, le mouvement respiratoire. C’est tous les mouvements du corps qu’il faut remettre en mouvements.

Mais pourquoi on se bloque ou contracte de la sorte ?

C’est très simple, si je t’agresse, tu as trois possibilités, il n’y a pas 50 solutions.

1° Tu me rentres dedans. Le simple fait de te battre avec moi, tu vas secréter des hormones, tout va très bien se passer car toutes tes fonctions vont s’accélérer et mis à part les coups qu’on peut se mettre tu n’auras aucune séquelle.

2°Il y a une autre solution, tu as très peur de moi, tu t’échappes en courant, ce n’est pas grave, ton corps va se mettre en stimulus total et tous tes processus de défenses vont se mettre au maximum et tous va très bien se passer dans ce là aussi.

La troisième solution, c’est la pire, tu as très peur de moi et tu te mets en état d’inhibition et tous les fonctions ou systèmes de l’organisme se mettent au ralenti. C’est la porte ouverte à toutes les maladies.

Quel est la première conséquence de cet arrêt du mouvement dans le corps ?

Le système immunitaire ne fonctionne plus, tous les muscles s’arrêtent. Tout se bloque. Tu as des contractions partout.

Tu veux dire que toi tu t’intéresses en premier au fait de remettre la cage thoracique en mouvement avent de t’intéresser aux contractions du corps, donc du dos ?

Oui bien sûr. On peut s’intéresser à la contraction de tel ou tel muscles. Pourquoi pas ?  Mais si on ne relance pas le mouvement, c’est un combat perdu d’avance.

C’est pour ça que depuis quelques années, je me suis complétement désintéressé de l’Ostéopathie. Ce n’est pas que je renie l’Ostéopathie mais ce fut une partie de ma vie. Je fais plutôt à l’heure actuelle une synthèse de tout ce que j’ai pu observer à droite à travers le monde et j’ai créé cette méthode, la méthode Kyma qui permet de relancer l’énergie ou le mouvement.

En quoi consiste ta méthode. Comment agis-tu ?

Je joue sur la pression et la compression de la cage thoracique. Je sens à l’intérieur du corps, le mouvement que la personne a besoin d’avoir et par des mouvements de pressions et décompressions, je pousse ma vague.

En quelque sorte, je crée une énergie qui part de moi en créant une vague comme dans les arts martiaux et j’envoie une onde que je peux faire traverser à travers mon bras et continuer à faire traverser à travers le corps de l’autre.

C’est un mouvement ondulatoire et en créant ce mouvement ondulatoire, peu importe qu’il y ait une contraction à tel endroit ou à tel autre. Ce mouvement libère, c’est comme un tsunami, il nettoie tout sur son passage.

Tu veux dire que tu expulses un blocage, un bouchon par ce mouvement en reprenant l’exemple du tronc d’arbre que tu as cité ?

Tu gardes tout en toi, c’est le blocage émotionnel qui crée cela donc effectivement tu casses le rythme de la Vie qui est mouvements. La cage thoracique dès l’instant ou tu retiens, ne fonctionne plus à pleine amplitude et tous tes systèmes sont aux ralentis puisque tout est compressé.

Mais comment tu fais pour évacuer ce bouchon ?

Tu as deux solutions pour casser cela. Sois-tu exagères la compression en comprimant la matière et à un moment donné à l’instant juste, entre l’inspire et l’expire, il y a un moment où il n’y a plus de résistance.

Tu fais quoi exactement à ce moment-là ?

Si tu arrives à sentir l’instant qu’il y entre deux respirations, il y a un espace-temps, aussi court qu’il soit. Cet espace-temps est au-delà du temps, au-delà de la contraction. Il réunit les deux. Si tu arrives à envoyer l’onde à ce moment-là, tu réunis le Yin et le Yang et tout se rééquilibre d’un seul coup.

Mais ton geste concrètement ?

Tu compresses en suivant la direction des tissus en fonction de la résistance que tu sens, et tu lâches d’un coup. C’est comme le big bang que nous disent les physiciens avec une explosion d’énergie qui va se propager à travers tous le corps et remettre en mouvement tous les tissus de l’organisme. Tu ne peux pas calculer cet instant-là. C’est une forme de résonance qui se passe entre deux personnes.

Tu travailles et tu te mets en harmonie avec la personne qui est en face de toi et inconsciemment tu t’adaptes à son rythme respiratoire. Tu sens que tu rentres à travers lui, que tu comprimes la matière, que tu comprimes les tissus. Tu sens à moment donné que tu es au maximum et là, tu lâches d’un seul coup et cela fait une explosion d’énergie.

Au niveau physiologique pour revenir au corps humain, qu’es ce qu’il se passe dans ce bigbang dont tu parles ?

En réalité, tu stimules le système nerveux et quand le système nerveux arrive à son paroxysme par la stimulation que tu as créé par ton action, il y a une décharge d’énergie et dans cette décharge d’énergie tu libères les émotions passées et ainsi de suite. Tu libères aussi les contractions physiques.

C’est une forme de vidange de l’organisme. Comme un évier que tu débouches.

L’eau, (le sang et la lymphe) et le système nerveux se relancent. L’énergie circule à nouveau librement.

Les gens à 99%, ne se connaissent pas et ils disent tous la même chose. Je me sens plus léger. Ils ont un poids en moins sur les épaules.

A un moment donné quand tu as fait cela sur moi, j’ai senti qu’il y avait quelque chose qui était parti par la bouche.

Les émotions, il faut qu’elles partent par les trous naturels. La nature est bien faite, elle a tout prévu. Un bébé quand il a un problème, il crie, il pleure, il fait caca et nous on n’a plus cela.

Il faut que l’énergie en trop sorte quelque part. Il faut qu’elle sorte par un trou. Quelqu’un qui souffre va hurler ou quelqu’un qui une trop forte émotion va pleurer. Il faut que ça sorte par un trou. Ça peut sortir aussi par en bas (WC) mais tu peux aider les gens à faire sortir cette émotion par la bouche.

Mais pourquoi cela ne sort pas chez la plupart des gens ?

Tu es dans le contrôle. Quand cela va mal tu cherches à contrôler. Tu es dans la dualité entre ce qui est et ce qui aurait dû être. Ce que tu aurais aimé qu’il soit ou entre ce qui est et ce qui a été et qui ne te convient pas du tout.

Ton corps est dans le présent, que tu le veuilles ou non.  L’esprit lui, va aussi bien dans le futur que dans le passé. Le but c’est de ramener les deux dans ce présent, de recréer le contact, de rebrancher la prise entre le corps et l’esprit. C’est un manque d’harmonie entre le corps et l’esprit.

Quelles sont les conséquences de ce manque d’harmonie ?

Qui dit dualité dit fatigue, c’est pour ça que beaucoup de gens te disent qu’ils sont sans arrêt fatigués. Ils te disent : je prends des vitamines, du café ou autres produits naturels pour se stimuler.

Mais qu’est-ce que la fatigue quand il n’y a pas de maladie particulière ? Tous simplement de l’épuisement nerveux. Les gens qui sont fatigués sont en réalité dans la dualité complète. Leur corps est tellement occupé à lutter contre leurs problèmes qu’il est fatigué. Il ne le reste plus assez d’énergie pour le reste.

Donc le but c’est de redonner du mouvement aux tissus, et dans notre cas puisque à la base on est parti sur l’Ostéopathie, c’est de libérer les articulations et la cage thoracique par cette reprise du mouvement respiratoire.  J’appelle ça le second souffle.

Moi ce que je cherche à faire c’est de redonner un second souffle à quelqu’un qui est épuisé. Il peut retomber 30 km après si la course fait 100 kilomètres et retomber au 50eme kilomètre et dans ce cas-là il faudra l’aider à nouveau car la vie continue et il n’aura pas forcement une fin de course (vie) facile.

C’est exactement ça le principe. C’est de redonner un second souffle à l’autre parce que le souffle c’est la vie. C’est lui qui gère tout. Ma règle à moi, la Méthode Kyma, c’est redonner du Souffle à l’autre.

Quand l’individu récupère du Souffle, il peut récupérer son énergie. Il a la force pour guérir ses problèmes, ces blessures et ça se fait naturellement. C’est le principe de l’homéostasie.

On aide avec des techniques supplémentaires mais c’est beaucoup plus simple de compter sur l’organisme quand il participe à la guérison plutôt que de compter sur un simple geste technique ou une manipulation ou un trust ou quelque chose comme ça.

Si je comprends bien, tu veux dire les thérapies manuelles seules ne sont pas suffisantes pour régler les problèmes de dos ?

Tu ne peux pas régler les problèmes de dos sans t’intéresser à l’émotionnel et c’est pareil pour beaucoup de maladies. C’est impossible.

Je constate que 90% pour cent de ceux qui viennent me voir ont eu un choc émotionnel : « mon père est décédé brutalement, mon conjoint ma quitté et je l’ai mal vécu et depuis je ne respire plus etc. ».

Tous leurs problèmes sont arrivés les uns après les autres mais à la base il faut chercher la source. Il faut comprendre d’où est parti l’impact qui a déréglé leur corps car après ce dérèglement va se retrouver partout, dans les organes, dans la digestion.

Quelqu’un qui est comprimé en permanence va mal digérer et va avoir des problèmes d’estomac. En réalité, ce qui se passe c’est qu’il est compressé.

L’image que je peux te donner, c’est l’image d’un tuyau d’arrosage. Tu prends un tuyau d’arrosage, j’en reviens toujours à l’eau parce que le corps est composé d’eau, enfin à 70, 80 %.

L’eau elle coule, c’est l’image de la rivière de tout à l’heure. Si tu appuis sur le tuyau, le débit au bout est plus faible due à la compression des tissus et le débit va être plus faible entrainant une perte de, l’influx nerveux.

Le foie par exemple est alimenté par des nerfs. Si ces nerfs sont comprimés, le foie va mal fonctionner.  Ce qu’il faut arriver à faire, c’est sortir le doigt qui bloque.

Si je veux faire la même chose que toi, qu’es ce que je dois faire ?

En premier tu suis la réglementation du pays ou tu exerces. Tu vas dans une école. Il y en a de très bien et tu obtiens ton diplôme mais pour moi, tu n’as pas en pas encore commencé l’Ostéopathie.

Tchouang Tseu a dit : « le filet de pêche sert à attraper le poisson, prends le poisson, et oublie le filet ».

Il faut chercher à apprendre le maximum de techniques mais à un moment donné il faut s’en libérer, autrement on n’est que technique. C’est la différence entre être et faire.

Il faut assimiler, il faut que la technique devienne soi-même.  Le but c’est d’oublier complètement la technique.

Moi je regarde quelqu’un, et je vois instantanément où est ce qu’il a eu un problème.

Je me dis celui-là il y a eu un problème émotionnel, celui-là il est replié ici.

Je ne me base plus par rapport aux théories d’apprentissage et je m’adapte dans l’instant à ce dont j’ai besoin.

La personne doit étudier et pratiquer les techniques comme on lui a apprise mais un moment donné il faut qu’elle oublie tout.

Comme un pianiste, tu vas à l’école tu apprends le solfège et tu commences à jouer. On t’apprend à jouer avec tes doigts do, re, mi, fa, si, sol, la, si et ensuite tu joues et tu discutes en même temps.

Il faut arriver à lâcher prise et laisser la main se positionner toute seule.

Ils disaient autrefois dans les arts martiaux Japonais. En premier il faut d’abord fortifier le corps, ensuite c’est la technique et enfin l’esprit. C’est des stades et à moment donné, il faut oublier tout ça et c’est l’esprit qui prend la suite et c’est lui qui dirige tout. 

C’est l’instinct, moi je ne fonctionne qu’à l’instinct. Je regarde les gens, je leur demande s’ils ont eu des fractures, hernies discales, ostéoporose. Je fais un diagnostic, je pose quelques questions et après j’oublie tout.

Est-ce qu’il y a parfois des personnes que l’on ne peut pas toucher ?

Il y a toujours une technique ou une méthode à appliquer. Il a le dur et le mou.

Autrefois quand j’ai commencé l’Ostéopathie, il y avait l’Ostéopathie structurelle. La crânienne est arrivée ensuite mais au début on faisait des manips. Au départ, les chiros et les ostéos on faisait du structurel.

Après on est passé à des techniques douces et maintenant je ne sais pas pourquoi, on oppose le dur et le mou et c’est absurde. Ils sont complémentaires.

En fonction des gens, on fait un peu de dur, des fois un peu de mou. Je fais beaucoup de mou moi, et pourtant je fais aussi du dur. Mais les gens retiennent que le dur, parce que c’est plus visible.

Ça s’entend plus et c’est plus impressionnant.

Ça s’entend plus en effet mais en réalité je fais autant l’un que l’autre mais la mémoire retient que le dur. Les techniques ont ne les choisie pas, on s’adapte à la personne. Je ne peux pas dire à cette personne je vais lui faire que du dur ou que du mou, c’est absurde. Il faut s’adapter sur l’instant.

Le corps humain est très complexe, chaque individu est différent, en fonction du gabarit etc…

Moi je me suis surpris des fois à juste poser la main comme ça doucement et faire vibrer et j’ai entendu l’articulation claquer et des fois il faut appuyer plus fort. J’ai 65 ans et ça fait plus de 30 ans que je manipule.  J’ai vu des milliers et des milliers de gens et maintenant je ne pense plus à tout ça.  Je fais tout à l’instinct et je m’adapte à chaque patient.

La difficulté ce n’est pas d’employer une technique. La difficulté c’est d’être en harmonie avec l’autre car si tu es en harmonie avec l’autre, tu le diriges où tu veux. Je bouge, tu bouges.

Vu que l’on est en harmonie, je n’ai pas besoin de lutter contre toi, vu que nous ne faisons qu’un.

Je m’adapte. Je pousse à un endroit et tu me suis involontairement. Tu ne résistes pas. Ça ne se calcule pas. Ça se fait tout seul. Le tout c’est d’avoir de la fluidité et de la pratique.

Si je veux faire des petits exercices de respirations pour me libérer, que dois-je faire ?

Les tensions du corps sont le reflet des tensions de l’esprit. Il n’y a pas de techniques pour relâcher à par l’acceptation de ce qui est. Quoi que tu fasses, c’est une technique et tu crées une lutte.

Quel que soit la technique ça reste de la lutte, et les gens à moment donné, ils font le tour de la technique et ils vont chercher une autre technique. Après le yoga, la méditation, après la méditation, la respiration holotropique. C’est toujours de la technique mais on est toujours dans la dualité.

Par exemple, tu es en état de mal être et tu te dis je vais faire une technique pour changer cet état. Je vais du yoga, de la méditation, ou une autre technique quelle qu’elle soit. A partir de cet instant, tu crées une dualité entre ce qui est et ce que te voudrais qu’il soit. C’est-à-dire un état imaginaire où tu te dis que tu vas être mieux que celui où tu es maintenant.

Ces deux états s’opposent. Il y a une dualité et cette dualité t’épuisera moralement et physiquement.

Du coup quel que soit la technique que tu vas employer, cela ne sera qu’un conflit, une bagarre où le plus fort l’emportera.

Mais alors que faire ?

Moi ce que je propose c’est l’absence de techniques. Si tu arrives à accepter ce qui est, si tu arrives à au lieu de condamner ton passé, à pardonner, « à pardonner à ceux qui vous ont offensé comme disait l’autre » …. (Je cite)

Si tu arrives à pardonner à ceux qui t’ont offensé, tu n’es plus en dualité avec l’autre (la dualité) et dès l’instant où il n’y a plus de dualité il n’y a plus de lutte et la paix intervient.

Donc la paix intérieure arrive quand tu arrives à pardonner et à être en paix avec l’extérieur quel qu’il soit.

On peut essayer de comprendre cette dualité ?

Il y a beaucoup de gens qui cherchent à remonter la rivière, il remonte sans cesse jusqu’à la source du problème et on n’en finit pas.

Pourquoi ne pas se laisser emporter par le courant et il t’amènera là où il doit t’amener.

Donc au lieu de condamner tous ce qui est difficile, c’est peut-être un cadeau de la vie et grâce à ce cadeau tu vas pouvoir devenir plus que ce que tu es. Pourquoi chercher des techniques quand le simple fait de pardonner, d’accepter dans la gratitude ce qui nous est arrivé et d’être en harmonie avec ce qui est, quel qu’il soit, même si ça a été difficile parce que quelque soit la technique, cela reste de la lutte.

En deux mots, se servir de ce passé difficile pour se sublimer ?

Oui, beaucoup de gens par exemple qui ont eu un passé difficile ont cherché à faire psychologue. C’est parce qu’ils ont voulu comprendre leur problème. C’est grâce à ce passé qu’ils seront bon psychologue, parce qu’ils savent de quoi parlent les gens, ils l’ont vécu.

La libération de tous les conflits passe par l’acceptation de ce qui est et à partir de là le corps se relâche.

Donc il se redresse si je comprends bien ?

Oui et c’est pour cela que je travaille debout. Le travail debout, c’est le plus important. Je vais t expliquer pourquoi. Dans une journée il y a 24 heures, on dort 8 h et le reste du temps on reste 16 heures debout.

Donc la position naturelle pour moi elle est debout. S’il faut régler le corps, je le règle debout. Pour régler la posture, à l’inverse de tout le monde qui dit que c’est les pieds qui règlent la posture, moi je dis non. C’est le cerveau qui règle la posture. 

Parce que les contractions de l’esprit vont faire qu’on se replie. Cela modifie la posture. Les semelles, c’est bien mais si je suis dans une position particulière, c’est mon cerveau qui a mis mon corps dans cette posture. C’est lui qui a réglé la posture.

Des l’instant ou l’on est relâché, le corps suit naturellement.

Moi je travaille la colonne vertébrale debout et par l’avant. Le travail debout, c’est le plus important Je vais pousser la colonne vertébrale en passant par l’avant.

On peut travailler la colonne avec des rotations ou manipulations les vertèbres mais on pourrait très bien imaginer travailler la colonne avec des poussées pour envoyer une onde qui va déplier tous les tissus. Je joue avec ta respiration. C’est ta respiration qui me guide et selon ta respiration je comprends comment je dois appuyer et à un moment donné, je sens ta respiration plus fluide. Le mouvement revient et là, j’arrête.

Tout à l’heure j’avais comme un bouchon et tu l’as débouché.

C’est comme un évier, j’ai débouché ce bouchon. C’est une libération des émotions. Tu dois comprendre en fait que en réalité quand quelqu’un vient me voir il est sous pression. Il a trop de pression. Comme une cocote minute,

Moi ce que je cherche à faire c’est d’ouvrir le bouchon pour que ça explose pour ne pas que ça explose dans l’organisme.

Donc je cherche une ouverture pour faire partir cette énergie. Je dois pousser, comme je disais tout à l’heure avec la rivière, le tronc d’arbre qui empêche l’eau de couler. C’est tout qui repart ensuite. C’est un second souffle. C’est un second Être. C’est autre chose qui renait.

Bien souvent les gens viennent pour un problème physique mais je les ramène à autre chose parce que bien souvent comme dit précédemment le physique n’est que de 10% du problème quand il n’y a pas eu de chocs ou d’accidents.

En général quand les gens viennent de loin, bien souvent ce n’est pas pour une entorse mais c’est parce qu’ils ont un problème émotionnel. Ils respirent plus depuis 5ans ou 10 ans. C’est très fréquent à l’heure actuelle.

Tu trouves des gens qui ne respirent plus, qui ont la cage thoracique qui ne fonctionne plus, elle est complétement serrée, ils n’ont plus de souffle ces pauvres gens donc moi je cherche qu’une chose, redonner du souffle et le reste je m’en fou ça se fait tout seul. Quand tu as le souffle et que tu te déplies complétement tu respires, et c’est ça la santé.

Pour conclure cet entretien, si tu n’avais qu’une seule phrase à dire, que dirais tu ?

Quand tu es né tu as eu ton premier souffle, quand tu vas mourir tu auras ton dernier souffle, entre les deux tu as le souffle. Toutes perturbations du souffle perturbent ta vie et c’est la porte ouverte à toutes les maladies.

La peur et les émotions perturbent le souffle. Donc tu as deux solutions, soit tu t’intéresses à l’ampoule en cherchant à dénouer le problème engendré, soit tu vas à la racine et tu cherches à redonner du souffle à l’autre. L’idéal est de faire les deux.

Ce que je veux c’est le souffle naturel. L’eau doit circuler, l’énergie doit circuler. Il n’y a pas de méthodes ou de techniques particulières avec des temps de rétentions ou autres.

Respirer amplement en se dépliant. Si le souffle circule, tout le reste se fait naturellement.


Remonter en haut